6 mois en Australie : le bilan

Déjà 6 mois?! Mais que s’est-il passé?! On n’a pas encore accompli la moitié de ce que l’on pensait faire en 6 mois!

D’un côté, la vie en France nous semble si éloignée ; mais d’un autre, nous sommes loin d’avoir parcouru la moitié du pays! En arrivant en Australie, nous avons très vite réalisé qu’il ne servait à rien de faire des plans car ceux-ci ne se réalisaient de toute façon jamais. Notre vie est donc aujourd’hui faite d’imprévus, de déconvenues, de rencontres et d’opportunités.

Il y a 6 mois, nous ne pensions vraiment pas être aujourd’hui à Broome, travaillant depuis 4 mois, dans des jobs qui nous plaisent. Nous réalisons tous les jours à quel point nous sommes chanceux, car les boulots de « backpackers » sont très loin d’être tous aussi agréables. Nous nous rendons compte de notre capacité à faire autre chose que juste ce à quoi on a été formé.

Moi qui ai toujours peur de faire un choix de métier car je voudrais pouvoir en exercer au moins dix différents, j’ai déjà pu être serveuse, barista, traiteur, commis de cuisine et photographe en moins de 6 mois. Moi qui, il y a 6 mois, ne supportais plus l’idée de faire un métier de service (même si je me refuse à catégoriser « vétérinaire » dans service car c’est selon moi une profession médicale, mais bref) je suis aujourd’hui 10h par jour, 6 jours sur 7, en contact avec des clients et je prends même souvent plaisir à discuter avec certains (no FUCKING way!!). Et je sais désormais manier un appareil photo professionnel.

Clem Choucha qui se pensait incapable de faire autre chose qu’un métier intellectuel, par incapacité physique ou flemmardise se voit aujourd’hui travailler dur dans un boulot difficile et ne s’est jamais senti aussi bien dans son corps. Clem Choucha qui, il y a 6 mois, n’osait pas parler anglais avec nos amis de Dubai est aujourd’hui guide touristique en anglais, dans une station balnéaire pour touristes aisés. Et puis, désormais, il sait dresser des chameaux!

Tous deux avons beaucoup appris, tant avec nos nouvelles occupations que par les découvertes que nous avons faites lors de notre premier roadtrip. Nous sommes même devenus [presque] experts en mécanique alors que nous ne savions pas changer une roue. Nous réalisons chaque jour que notre capacité à nous adapter rapidement est bien réelle (ouf, un mensonge de moins sur nos CV).

Bilan 6 mois - The French Odyssée

Il y a 6 mois, nous avions une vague idée de ce qu’était l’Australie. Aujourd’hui… Nos impressions sur ce pays ont beaucoup changé au fil du temps, et nul doute qu’elles vont encore évoluer.

Nous savions que l’Australie était un pays de terre rouge, avec de jolis paysages. Mais ce que nous avons découvert en parcourant la côte Ouest était au-delà de nos espérances. Nous nous sommes retrouvés devant des paysages à couper le souffle, à se répéter « putain mais c’est OUF » (oui, c’est une transcription littérale, pour montrer la puissance du sentiment!). Plus d’une fois, nous nous sommes crus sur une autre planète. L’histoire géologique de l’Australie, même si l’on n’est pas passionné par les cailloux, nous semble complexe-ment géniale. Il est tellement évident que oui, l’Australie Occidentale était accolée à l’Afrique à l’époque où les continents ne faisaient qu’un (#Pangée) : la terre est rouge vif, des immenses baobabs jalonnent la côte et les Émeus semblent être des cousins un peu bizarres des Autruches. Certaines gorges avec d’immenses falaises que nous avons visitées se trouvaient être d’anciens récifs coralliens datant d’il y a 375 millions d’années.

Je ne vais pas décrire ici chaque parc national qui nous a émerveillé/ébloui/ébahi car je ne perds pas espoir qu’un jour prochain j’arriverai à raconter notre découverte de ces joyaux, photos à l’appui, dans de futurs articles.

Bilan 6 mois - The French Odyssée

Nous avons également étudié les Êtres Humains locaux très attentivement.

Lors du roadtrip, nous avons surtout échangé avec des Australiens âgés de plus de 40 ans : ceux qui étaient responsables des campings dans les parcs nationaux, nos voisins de campings, des voyageurs comme nous… Nous avons été épatés par leur idée simple de la vie et leur proximité avec leur Terre. Ils aimaient la nature et étaient conscients de la chance qu’ils avaient de vivre dans ce pays aux mille beautés. Rien n’était plus important pour eux que de profiter de la douce vie australienne. Beaucoup profitaient de la retraite pour écumer le pays en caravane.

A notre installation à Broome, nous avons pu observer plus profondément les mœurs de ces Australiens Occidentaux, ainsi que des touristes venus des quatre coins du pays. C’est là que nous avons commencé à noter à quel point nous sommes différents, surtout avec les Australiens de l’Ouest. En effet, il y a un très net contraste lorsque l’on discute avec des gens de Melbourne/Sydney/Brisbane/Adelaide, qui s’intéressent beaucoup à l’Europe, et lorsque l’on discute avec des locaux à l’Ouest, qui nous demandent de leur expliquer la notion de « terrorisme » (et qui concluent par « Ok, donc vous deux, vous détestez les Musulmans c’est ça ? ……*soupir*).

L’Australie Occidentale, bien qu’étant le plus grand état du pays, ne concentre que 10% de la population totale (sans compter les peuples Aborigènes. Ben oui, quel intérêt de prendre en compte les seuls vrais natifs Australiens?!!). Sur ce territoire, les gens vivent donc relativement isolés et cela est d’autant plus vrai à Broome, où l’on vit dans une espèce de bulle coupée du monde.

Ici, l’activité phare est la conduite d’un 4×4 hyper-équipé pour aller camper le weekend, pêcher et boire des bières toutes la journée.

Ici, il est normal d’être à la plage en famille et de ne consommer que de la bière, devant les enfants. Ici, une croisière pour aller observer les baleines ne se conçoit pas sans alcool. Nous avons été très choqués de leur rapport à l’alcool (En gros, ils sont clairement alcooliques. Mais je ne le dirai pas car j’en connais un qui déteste que je fasse des généralités. Qu’il est politiquement correct ce Choucha!). Il y a aussi un problème majeur de drogue dans toute l’Australie-Occidentale, mais nous n’en avons heureusement pas été témoins.

Ici, l’écologie n’est valable que pour l’eau, denrée très difficile à exploiter et à acheminer à l’Ouest. L’économie de l’eau est donc primordiale mais jusque là, rien d’étonnant. Alors que penser du fait qu’ils laissent le moteur de leur 4×4 tourner à l’arrêt pendant des heures, pour que le frigo et les bières restent bien frais?! Ici, à l’Ouest, on se fout de la pollution et le tri des déchets est un concept totalement abstrait.

Ici seules les médisances envers les peuples Aborigènes sont considérées comme étant du racisme. Personne n’est choqué de la banderole « aucun Français admis dans cet établissement » sur la devanture d’un supermarché. Ok, le comportement de 90% des backpackers français est scandaleusement honteux, mais le Front National lui-même n’a pas encore osé. Ici, ça ne choque personne qu’un client de Broome Camel Safaris qui ne me connaît pas me fasse une blague à base de : «  tu vis clairement sous le soleil toi hein ha ha ha. » Ici, j’ai droit à une tête inquisitrice à chaque fois que je dis « je suis française », comme si je mentais parce qu’ils ne sont pas au courant qu’au XXIème siècle, la France est un peuple mixte avec des NOIRS et des ARABES (et des métisses, oui Monsieur!).

L’ignorance n’excuse pas l’offense…

Bilan 6 mois - The French Odyssée

Tous ces éléments n’enlèvent heureusement rien au fait que par contre, fidèlement à leur réputation, les Australiens sont effectivement très accueillants et chaleureux. A chaque fois que nous en avons eu besoin, nous avons toujours trouvé de l’aide et des conseils.

Le fait est que nous nous sommes installés dans l’Australie « profonde ». Et après tout, que penserait un habitant de Sydney s’il se retrouvait au fin fond de la Lozère (ça y est, je l’ai dit !!! Désolée mais c’est quand même le département le moins peuplé de France!)Malgré tout, nous nous félicitions d’avoir choisi Broome pour travailler. Hormis le cadre idyllique de la ville (30°C minimum alors qu’on est en plein hiver, humidité élevée digne de nos plus grands fantasmes des Tropiques, plage, palmiers, etc.), ses « défauts » ont été pour nous des atouts. Le fait que les activités possibles soient restreintes et que toute sortie soit excessivement chère nous a permis d’économiser assez d’argent pour ne plus avoir à travailler à nouveau lors de notre séjour, a priori. Nous avons également recentré nos priorités ; bien que nous n’étions pas du genre à dépenser 100€ pour une petite culotte Gucci, nous préférons aujourd’hui dépenser $250 pour un survol scénique en avion que $50 pour boire des coups (bon ça, c’est beaucoup plus facile pour moi que pour Clem Choucha, qui rêve parfois d’une bière fraîche le soir).

Et puis ne l’oublions pas, Broome est située dans LA région la plus magnifique (allez, j’ose le dire, je me lâche. Pardon mais c’est de notoriété publique ici!) et la plus sauvage d’Australie : le Kimberley. Nous avons donc profité de notre peu de temps libre pour explorer cette région splendide.

Bilan 6 mois - The French Odyssée

Alors bien sûr, il y a des moments moins heureux que d’autres. Ce n’est pas parce qu’on est dans un lieu paradisiaque que les aléas de la vie et les humeurs de chacun disparaissent. Parfois on en a marre, parfois on se dispute, parfois on regrette de rater des mariages/anniversaires/naissances, parfois on se demande si on ne va pas rentrer car notre grand-père est à l’hôpital, parfois on se plaint, parfois on veut tuer le chien qui a détruit nos chaussures à 120€, parfois on en veut aux gens restés en France de nous demander « et à votre retour? » alors qu’on arrive enfin à profiter à 400% du présent, parfois on pleure, parfois on a l’impression que nos amis nous ont oublié, parfois on râle, parfois on stresse pour une bonne raison ou pour rien, parfois on pense à l’avenir, parfois on remet tout en question…

Heureusement, toutes les choses positives que l’on vit prennent toujours le dessus. Heureusement aussi et surtout, on est deux, pour se soutenir dans tous les moments de doutes.

Plus que jamais, nous sommes conscients que chaque endroit a ses avantages et ses inconvénients.

Aujourd’hui, on n’a qu’une hâte : repartir pour ce qui sera le roadtrip de notre vie. Il nous reste 18000 km à parcourir en 6 mois, pour finir notre découverte du pays-continent. Le moment est particulièrement opportun : nous avons fait notre temps à Broome et il est l’heure de la quitter pour ne garder que de bons souvenirs. Nous sommes enfin impatients de découvrir les paysages et les gens de l’Est, alors que c’était loin d’être le cas il y a encore 2 mois. Nous quittons Broome le 10 Octobre et nous sommes très excités à l’idée de ressentir à nouveau la liberté totale d’un voyage dans notre Van 4×4, juste Clem Choucha et moi.

Avec Maître Gims en fond sonore, bien entendu.

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Fun Fact : la plage la plus célèbre de Broome (et celle où nous travaillons) est appelée Cable Beach. Elle doit son nom au fait que jadis, un câble télégraphique qui reliait Broome à l’île de Java la traversait. Elle est longue de 22 kilomètre et est également la plage nudiste la plus célèbre d’Australie (on a d’ailleurs la chance de voir tous les jours un couple de pêcheurs nus de notre côté de la plage!).

 

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8 Replies to “6 mois en Australie : le bilan”

  1. Profitez bien des derniers jours à Broome!

    1. Merci Stèph! Bon retour de vacances 😉

  2. Je découvre votre blog et j’adore – votre ton, votre franchise, vos photos, et l’AUSTRALIE, quoi ! vous êtes dans un coin que je n’ai pas vu (j’ai fait la route Sydney-Brisbane, Cairns et le « red desert » autour d’Uluru et Alice Springs) et que je rêve de découvrir. Vous me semblez très cool, amis dresseurs de chameaux. Je reviendrai !

    1. Merci Ariane. Ces mots nous touchent beaucoup, d’autant plus venant d’une écrivain voyageuse ;). Comme tu dois très certainement le savoir, chaque article posté est source du léger stress de « est-ce que ça va plaire?????? », alors un message comme le tien est très réconfortant. Nous commençons à découvrir ton blog et tu nous sembles tout aussi cool. Que de gens cool par ici ;)!

  3. J’ai pas vu les pêcheurs nus ! #deception
    (suis assez fière de mon double sens)
    Bisous les Loulous! Et profitez bien des derniers jours 🙂

    1. No worries, tu n’as pas raté « grand » chose va! :p

  4. Très bel article, vous pourrez venir visiter la Lozère sans problème quand vous rentrerez en France… Je connais des gens accueillants qui y vivent !
    Ps: je ne savais pas que Ximun Chabalgoïty était client de Broome Camel Safaris;)
    Amitiés Lozériennes
    La bise

    1. Merci pour ton commentaire Françou!
      En effet, je connais 2-3 personnes plutôt sympa en Lozère ;). Il serait peut-être bien de penser à explorer la France un jour avant d’aller à l’autre bout du monde, n’est-ce pas?! On met ça sur notre to-do list.
      Concernant Ximun, écoute même lui n’a jamais osé me dire une telle chose, c’est dire… Et pourtant il est basque :p!

      Bise des tropiques!

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