Roadtrip #12 : Fraser Island

Fraser Island, de son nom aborigène K’gari, est la plus grande île de sable au monde. Nous avons bien failli ne jamais y poser le pied et cette histoire relève presque d’une épopée!

Le moyen le plus commun de visiter Fraser Island est de participer à un tour organisé ou de louer soi-même un 4×4 afin de parcourir l’île. Souvent, du fait du prix élevé de ces locations, les backpackers cherchent à former des groupes de 4 ou 5 pour réduire les coûts. Les tours quant à eux, se font à bord de bus-4×4 sur une journée ou sous forme de tour guidé motorisé en 4×4 pour 2 ou 3 jours, au cours duquel se suivent plusieurs voitures menées par le guide en tête.

Le nombre de véhicules autorisés sur Fraser Island n’étant pas quotidiennement limité, cela entraîne petit à petit une dégradation de l’île. De plus, la haute fréquentation de cette activité très touristique (de l’acabit des Whitsunday Islands) conduit même à des embouteillages sur les plages de l’île. Bref, vous nous connaissez, tout cela ne nous faisait donc pas rêver!

C’est alors que j’ai découvert l’illumination (oui, rien que ça), en me rappelant qu’une blogueuse que je suis, avait écrit un article contant son expérience sur Fraser Island à pied! Voilà la solution providentielle qu’il me fallait : découvrir l’île de manière authentique, hors des sentiers battus (pas littéralement hein, ho ho ho) et loin des hordes de touristes.

A notre arrivée à Hervey Bay, le port d’accès de Fraser Island, nous nous sommes rendus à l’office du tourisme afin de réserver nos campings sur l’île. C’est alors qu’une employée nous a annoncé que les chemins de randonnée étaient fermés depuis 3 semaines et ce pendant les 3 prochains mois, pour cause de « gros risque d’incendie » (en vrai, c’est juste que les randonneurs ne rapportent pas assez pendant cette période et que les Rangers ne veulent donc pas s’emmerder. C’est eux qui nous l’ont dit! #su-per). Je suis restée stoïque mais mon cerveau hurlait : « ok meuf, tu es en train de me dire que le seul projet qui me fait rêver sur la côte Est, que j’étudie tellement depuis 3 semaines que je connais par cœur la carte de Fraser, pour lequel j’ai emmerdé une blogueuse par email avec 10000 questions sur des itinéraires potentiels, pour lequel je me suis battue avec Clem Choucha pour le convaincre, qui m’a fait supporter toutes les déceptions depuis qu’on est arrivé à l’Est, pour lequel on a même racheté du matériel de camping, ne va PAS se réaliser pour en plus une excuse a priori bidon????? ALLLLLLLRIGHT ». *Julie en décomposition*

Ni une ni deux, Clem Choucha m’a tendu à brûle pourpoint une brochure présentant les tours organisés ; il n’en fallait pas plus pour que je m’enfuis de ce lieu maudit afin d’aller déverser mes larmes de rage dans le Van (est-ce que vous ressentez bien le drame de la situation?!).

Ainsi, nous avons quitté Hervey Bay, car bien sûr aucune autre option ne me paraissait acceptable. Clem Choucha espérait secrètement que je change d’avis pendant les quelques jours suivants, où nous avons séjourné à Brisbane chez une amie. Après avoir tout essayé (1000 comparatifs de vol pour savoir s’il était possible de revenir plus tard dans l’année pour pas trop cher, des heures sur internet ou au téléphone avec Qantas pour changer un vol lors de notre retour de Nouvelle-Calédonie car il passait par Brisbane, appel des Rangers pour savoir si « c’est SUR que c’est fermé?? »), je dus admettre l’impossible : soit j’acceptais une autre alternative, soit je ne marcherai jamais sur Fraser Island!

Clem Choucha m’a alors timidement montré plusieurs offres de covoiturage avec d’autres backpackers français, car il n’était pas envisageable de participer à un tour organisé (qui est très axé sur la découverte et l’expérimentation des joies de la conduite sur la plage. Mais étant donné que mon job à Broome consistait en partie à conduire sur la plage, j’avoue que ce n’était pas trop ça qui m’attirait sur Fraser. #quelleesthautaine). Après m’être laissé tentée par le faible coût de l’option covoiturage, j’ai décrété que le bonheur n’avait pas de prix. En effet, après tout ce que j’avais fantasmé sur Fraser, devrais-je prendre le risque de me retrouver avec des inconnus qui n’auraient peut-être pas les mêmes attentes que nous juste pour une histoire d’argent? Clem Choucha a donc consenti à ce que nous louions un 4×4 uniquement pour nous deux. Nous avons ainsi trouvé une offre intéressante chez une agence de location, qui donne un itinéraire préconçu à ses clients en fonction des marées et réserve les campings. Après les avoir bien fait chier ennuyé pour m’assurer que nous allions dans les points d’intérêt que je voulais (rappelez-vous, je connaissais la carte par cœur. D’ailleurs c’est toujours le cas #obsession) et surtout pour avoir les campings que je voulais (rien à faire d’une douche, Julie DOIT dormir sur la plage pour pouvoir photographier l’épave de bateau de nuit sous la voie lactée!!!), nous avons presque gaiement repris la route vers Hervey Bay (600 km, mais roh, ici c’est rien! Genre moins qu’un petit Toulouse-Bordeaux).

The French Odyssée - Fraser Island

Finalement, après coup, je pense que c’est la meilleure chose que nous aurions pu faire. L’idée de parcourir Fraser Island à pied me paraît toujours tellement romanesque que j’espère bien le faire un jour. Mais je ne suis pas sûr que c’eut été le meilleur endroit pour commencer ma première randonnée sur plusieurs jours. En plus, sur deux semaines, il a fait beau uniquement les 3 jours où nous y étions ; c’était notre destin (#toutestdéterminé).

Quoi qu’il en soit, nous avons absolument A-DO-RE Fraser Island. Du fait de notre indépendance véhicul-esque, nous sommes parvenus à éviter les touristes. D’autre part, nous n’avons pas trouvé que l’île était si submergée de voitures, contrairement à ce que l’on nous avait prédit. A chaque endroit où nous avons passé la nuit, nous étions presque seuls car les lieux de camping autorisé sur la plage ne comportent aucune facilities. J’ai donc pu m’adonner à des milliards de photo de la voie lactée (qui bien sûr ne ressortent pas comme dans mes fantasmes car même pour photographier la voie lactée, il y a des saisons. Oui oui! Qu’à cela ne tienne, il faudra donc y retourner!).

Effectivement, nous avons compris pourquoi les routes peuvent être très impressionnantes pour des Européens ; conduire sur le sable, ça s’apprend (j’ai dû faire un peu le prof pour Clem Choucha #femmeauvolant #tkt). Nous étions très content de ne pas avoir pris notre Van 4×4, bien qu’il aurait pu faire l’affaire (l’agence de location louait exactement le même), car nous avons pu nous lâcher sur la conduite.

Nous avons été éblouis par Lake Mackenzie, le spot le plus connu. En effet, même en ayant vu des milliards de photos de ce lac auparavant, le découvrir a été saisissant : un sable blanchissime, une eau bleue azur avec des tons turquoise, si pure qu’on peut la boire, le tout entouré d’une forêt pluviale! ÇA, c’était un lieu paradisiaque. Nous avons même eu la chance d’être témoins du repas d’une espèce de mini-varan, qui a déniché un nid (de tortue?) en creusant dans le sable et s’est gavé de tous les œufs qu’il contenait!

Enfin, notre espoir le plus secret s’est réalisé : nous avons vu des Dingos (sorte de chiens sauvages) dans la nature! Oui Monsieur! Ces animaux ont malheureusement été fortement diabolisés et ont aujourd’hui très mauvaise presse en Australie. Le gouvernement a tenté de mettre des pancartes de partout pour prévenir qu’il ne fallait pas les nourrir. Désormais, les Australiens préfèrent dire qu’ils sont « dangereux » car sinon les touristes (dont des Australiens) n’en feraient qu’à leur tête et seraient imprudents. Certes, certaines attaques ont eu lieu, mais lorsque l’on se renseigne bien, on apprend qu’il s’agissait de personnes qui ne prenaient pas de précautions quant à la nourriture ou carrément qui les attisaient. Or le Dingo n’est pas un chien mais bien un animal sauvage, souvent affamé. Il ne viendrait à l’idée de personne d’attiser un crocodile ou un requin (ah si en fait, une femme l’a fait récemment et s’est fait mordre. Oh bah mince alors… #allo).

Nous avons donc aperçu un premier Dingo qui se prélassait tranquillement au soleil à côté d’une voiture garée sur la plage, attendant probablement les restes de pêche. Mais l’émotion s’est produite quand un couple s’est pointé sur notre lieu de camping alors que nous étions seuls. Ils nous ont tourné autour et cherchait notre nourriture. Ne dénichant rien, Monsieur a uriné sur une plante à un mètre de nous (wesh c’est mon territoire ici les gars) et ils s’en sont allés.

Je peux vous dire que je n’ai pas bougé d’un iota, mais n’empêche, ON A VU DES DINGOS SAUVAGES WAHOUUUUUUUUUUUUUUUUU!!

In fine, voici comment après un mauvais départ, Fraser Island est devenu notre endroit coup de cœur préféré de la vie ever ever de la côte Est.

Ce n’est pas pour rien que K’gari signifie………….. paradis!

Fun Fact : dans la nuit du 22 Mai 1836, un navire s’est échoué sur la Grande Barrière de Corail au large de Fraser Island. Certains canots de sauvetages ont atteint l’île. Le capitaine ainsi que sa femme faisaient partie des rescapés et s’appelaient………… James et Elizabeth Fraser!

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